L‘Ukraine viticole

MARCHÉ DES PRODUITS VITICOLES DE L‘UKRAINE. ÉTAT POUR L‘ANNÉE 2000

Notre correspondant ukrainien G. G. VALUIKO, du fameux Institut de la Vigne et du Vin de Magaratch, à Yalta en Crimée, est assisté de Matchina I.G., Bouzni A. N. L‘on suivra avec intérêt l‘évolution observée.

Avant la réalisation des reformes du marché il n‘y a pratiquement pas eu d‘études de la demande pour les produits vinicoles, puisque dans les conditions d‘une économie de déficit, tous les produits élaborés étaient commercialisés et les problèmes de l‘écoulement ne se posaient pas.

La crise économique, survenue en Ukraine, a amené la chute des revenus réels de la population ce qui a eu pour résultat la baisse correspondante de la demande pour les produits vinicoles. Ainsi, si en 1984 la consommation du vin par personne et par an faisait 14,8 l, en 2000 – seulement 1l.

L‘élaboration des produits vinicoles a sensiblement baissé. En 2000, les volumes de production en Ukraine ont baissé de 83,7% par rapport à 1984. Malgré la baisse des volumes de production, les entreprises ont des difficultés pour commercialiser leurs produits vinicoles à cause de la concurrence des produits d‘importation et des marchandises du substitution. Ceci amène la nécessité de l‘étude de la demande et de sa prévision.

L‘analyse de la situation sur le marché a montré (Table 1) que la commercialisation du vin en Ukraine a baissé en 2000 presque de 15 fois par rapport à 1984, et a fait 1l par personne et par an. Or, il convient de noter qu‘au cours des trois dernières années, on observe une certaine stabilisation des volumes des ventes.

Table 1 – Volume des ventes des produits alcoolisés par personne et par an, et structure de la consommation, exprimée en alcool absolu.

La commercialisation des vins champagnisés a baissé de 2 fois entre 1984 et 2000, et s‘est aussi stabilisée au cours de la période 1998-2000, ayant atteint 0,386 l/pers/an.

La commercialisation des brandies a baissé de 1,7 fois au cours de la période considérés, mais en 1998-2000, le niveau des ventes a subi une certaine croissance de 43,4%

L‘analyse de la structure de la consommation des produits alcoolisés, exprimée en alcool a montré le virement de la demande du vin du côté de la vodka; si en 1984, la consommation du vin dans le volume total des produits alcoolisés consommés faisait 41,1%, en 2000 – 10,9; en même temps, la consommation de la vodka dans le volume total a passé de 40.2 en 1984 à 68% en 2000. La croissance, observée dans la structure de la consommation, pour les vins champagnisés et les brandies confirme, que le virement de la demande du côté de la vodka concernait précisément le vin.

Afin de déceler les facteurs qui influencent l‘évolution des volumes commercialisés et la structure de la consommation des produits alcoolisés, on a calculé les taux de croissance en chaîne et de base des volumes de vente (Table 2), des prix (Table 3) et des revenus réels (Table 4). Comme référence on a pris l‘année 1995, quand la « grivnia » a été introduite en tant que devise nationale, ce qui rend comparables les données, exprimées en prix, pour cette période.

Table 2 – Taux d‘évolution des volumes de vente des produits alcoolisés, en % (en chaîne = par rapport à l‘année précédente; de base = par rapport à l‘année 1995

Les taux de baisse des volumes de vente du vin sont plus élevés. En 2000, ils se sont réduits de 43,6% par rapport à 1995, en même temps la baisse des volumes de vente de la vodka a fait 23,8%, de la bière – 20,4%, avec l‘accroissement de la commercialisation des vins champagnisés de 45,1% et des brandies – de 39,5%.

Table 3 – Taux de croissance des prix pour les produits alcoolisés, % (en chaîne = par rapport à l‘année précédente; de base = par rapport à l‘année 1995

On connaît que le niveau du volume des ventes est influencé par deux facteurs : les prix et les revenus. Avec la hausse des prix le volume des ventes baisse, avec l‘accroissement des revenus - il augmente. L‘analyse des revenus nominaux et des revenus réels a montré qu‘avec l‘accroissement des revenus nominaux, les revenus réels en l‘an 2000 ont baissé par rapport à 1995 de 12,3%. Donc, les prix et les revenus ont une même orientation, c‘est-à-dire la hausse des prix et la baisse des revenus réels conditionnent la réduction de la demande des consommateurs.

Table 4 Taux d‘évolution des revenus de la population, (en chaîne=par rapport à l‘année précédente; de base=par rapport à l‘année 1995

L‘analyse a montré que le taux de croissance des prix pour les produits alcoolisés devançaient les taux de baisse des revenus, donc influence sur la réduction des volumes des ventes est déterminante.

Etant donné qu‘on peut prendre les revenus en tant que facteur qui influence tous les types de produits au même degré, dans l‘analyse ultérieure on n‘a utilisé que le facteur des prix.

L‘analyse des taux de croissance des prix a montré que les prix pour le vin avaient les taux de croissance les plus élevées en 2000 par rapport à 1995 et on fait 564,5%, tandis que pour les vins champagnisés – 238,6%, pour la vodka – 398,9% pour la bière – 398,9

Ainsi, la réduction des volumes de vente est liée, avant tout, à la hausse des prix. La stabilisation des volumes de vente au cours des trois dernières années témoigne de l‘apparition d‘un groupe de consommateurs qui réagissent de façon adéquate à la hausse des prix.

L‘offre des produits vinicoles dans la nomenclature élargie est caractérisée par les données suivantes des volumes de production: en 2000 on à produit 8,4 mln de décalitres de vin, 4,1 mln de décalitre de vin champagnisé, 1,1 mln de décalitre de Brandy.

Le vin sec dans le volume total de vin produit a fait 44,7%, le vin fortifié – 55,3%. Dans le volume total du vin, les vins ordinaires font 80%, les vins de qualité – 20%. Dans le volume total du vin sec, les vins de qualité font 10,6%, les vins ordinaires – 89,4%. Pour les vins fortifiés les chiffres correspondants sont 25,5% et 74,5%. Dans le volume total des brandies produits, les brandies de qualité font 13,9% et les brandies ordinaires – 86,1%. En 2000, les volumes de production se sont réduits rapports à 1984 pour le vin – de 83,7%, pour les vins champagnisés – de 10,8%. La production des brandies a augmenté de 1,7%. Au cours des trois dernières années, les volumes de production de vin ont augmenté de 29,3% ceux des brandies – de 7,8% et ceux des vins champagnisés se sont réduits de 30,3%

La confrontation de la demande et de l‘offre avec la prise en considération de l‘exportation de l‘importation et des réserves de marchandises montre que pour l‘année 2000 il existe une surproduction pour le vin – de 42,2%, pour les vins champagnisés – de 48,8%, pour les brandies – de 48,9%.

L‘analyse réalisée témoigne que les producteurs ukrainiens n‘orientent pas leur production sur la demande des consommateurs sur le marché intérieur.

Les entreprises-productrices, en formant les prix, ne mettent pas leur niveau en rapport avec les revenus réels de la population et les prix de marchandises de substitution.

L‘analyse de l‘exportation et de l‘importation des produits vinicoles en tant que facteurs influençant leur demande à montré qu‘en 2000, le solde commercial était positif pour le vin et les vins champagnisée et négatif pour le brandy. Ceci est lié avec la réduction, en 2000 par rapport à 1999, de l‘importation du vin – de 9,7%, des vins champagnisés – de 68%, et l‘augmentation de l‘importation des brandies de 26,6%.

Il convient de noter, qu‘au cours de la période considérée, l‘importation des vins de base pour l‘élaboration des vins champagnisés et des alcools pour l‘élaboration des brandies continuait, bien que ce n‘était pas nécessaire, vu la surproduction sus-mentionnée, puisque pour satisfaire la demande, les produits, élaborés à partir des vins de base et des alcool d‘origine ukrainienne étaient suffisants. Or, les prix des vins de base d‘importation étaient inférieurs à ceux des vins de base ukrainiens, ce qui se répercutait inévitablement sur le prix de revient et le prix des produits finis. Ainsi, au cours de l‘élaboration des brandies à partir des alcools d‘importation, le prix du produit fini baissait environ de 15% par rapport au Brandy, élaboré à partir des alcools d‘origine ukrainienne.

En outre, on peut signaler, que l‘exportation des produits vinicoles a aussi baissé en 2000 par rapport à 1999: pour le vin – de 11,4% pour les vins champagnisés – de 26,4%, et de l‘exportation des brandies était pratiquement absente.

L‘analyse de la structure de l‘exportation du vin a montré que 78,8% sont exportés vers les pays de l‘ex-URSS, 21,3% – vers les pays occidentaux.

Parmi les pays de l‘ex-URSS, le volume le plus important est exporté vers la Russie (66,8%), parmi les pays occidentaux – vers l‘Allemagne (17,2%).

L‘analyse de la structure de l‘exportation des vins champagnisés montre que 13,9% sont exportés vers les pays de l‘ex-URSS, 86,1% – vers les pays occidentaux, essentiellement en Allemagne.

Vu la baisse importante des volumes d‘exportation des vins champagnisés vers la Russie, la structure générale de son exportation a changé.

L‘analyse réalisée témoigne des défauts dans la politique d‘exportation, menée par les caves-productrices. L‘Etat réalise la politique de protectionnisme (en créant des facilités d‘imposition des produits vinicoles exportés), et le niveau de l‘exportation dépend avant tout, de l‘activité des producteurs eux-mêmes sur le marché extérieur.

L‘analyse de la structure de l‘importation du vin montre que l‘importation provenant des pays de l‘ex-URSS fait 75,5%, d‘autres pays – 24,5%. Parmi les pays de l‘ex-URSS, l‘importation principal est la Moldavie (66,8%), parmi les autres pays – la Bulgarie.

L‘analyse de la structure de l‘importation des vins champagnisés a montré que l‘importation des pays de l‘ex-URSS fait 47%, des pays occidentaux – 53%. Parmi les pays de l‘ex-URSS l‘importateur principal est la Moldavie (53%), parmi les pays occidentaux – l‘Italie et la France.

L‘analyse de la structure de l‘importation des brandies a montré que l‘importation des pays de l‘ex-URSS fait 68,9%, des pays occidentaux – 31,1%. Les exportateurs principaux parmi les pays occidentaux sont la France et la Grèce.

On peut noter que la structure de l‘importation a sensiblement changé. Si jusqu‘en 1998 l‘importation des produis vinicoles provenait surtout des pays occidentaux, actuellement les exportateurs principaux sont les pays de l‘ex URSS.


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